Que pense la population genevoise du revenu de base?

Cinq cent signatures étaient requises par l’Assemblée Constituante genevoise pour l’examen de la proposition collective d'un revenu de base faite par BIEN. Ce sont 1876 qui ont été récoltées en moins d’un mois, grâce à l’enthousiasme des membres de BIEN et à la réaction souvent très favorable de la population à cette proposition. L’examen de la proposition par l’Assemblée devrait avoir lieu au cours de l’été.

La récolte de signatures s’est déroulée tout au long du mois de juin, avec un stand présent en différents endroits de la ville de Genève. Elle a été l’occasion de découvrir la réaction de la population à l’idée d’un revenu de base inconditionnel et de comprendre comment cette proposition peut s’articuler avec les préoccupations individuelles et sociales.

L’idée du revenu de base inconditionnel, très peu connue de la population, interpelle. La notion d’inconditionnalité amène en effet un bouleversement des représentations traditionnelles basées sur la rentabilité, le mérite et la valorisation de l’activité salariée.

Pour certains le revenu de base va inciter à la paresse : « il y en a qui vont en profiter et ne rien faire », « je ne veux pas payer pour les autres ». Pour d’autres, au demeurant tout à fait d’accord avec le principe d’une assurance des besoins fondamentaux de chacun, ce qui dérange est que les riches le touchent aussi alors qu’« ils n’en ont pas besoin ». En réalité, ces critiques adressées au revenu de base sont plutôt le reflet d’un mécontentement dirigé contre le mode de fonctionnement actuel de la protection sociale qui tend à maintenir les personnes assistées dans une situation de dépendance et entraine des abus du fait de sa conditionnalité.

La question du financement revient bien évidemment de façon récurrente. L’idée d’un revenu de base apparaît très souvent aux personnes qui la découvrent comme une utopie irréalisable financièrement. Leur intérêt s’éveille vraiment lorsqu’elles comprennent qu’il s’agit non pas de dépenser plus d’argent mais de gérer autrement les finances destinées aux assurances sociales, de créer des modèles de financement basés sur une fiscalité différente permettant de répartir la richesse créée de manière plus équitable.

Les motivations en faveur d’un revenu de base sont multiples. Pour beaucoup l’introduction d’un revenu de base offrirait la possibilité de mener une activité ayant du sens mais dont la valeur marchande ne permet pas de subvenir à leurs besoins: services à la personne, élever ses enfants, avoir une activité artistique, artisanale, s’engager en faveur de la protection de l’environnement.

Ce que l’on constate c’est que la proposition d’un revenu de base rencontre souvent l’aspiration à une vie différente, moins dépendante des fluctuations du marché économique, et qui mettrait au centre de la société des valeurs de respect : respect de soi, des autres, de son environnement. De nombreuses personnes sont en effet conscientes de la nécessité de trouver une alternative au système actuel afin de relever les défis qui se présentent à notre société et concernent chacun de plus en plus près : crise économique et écologique. Et si le revenu de base ouvrait la voie vers cette alternative ?

Anne-Béatrice Duparc

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